Soutenons nos producteurs, éleveurs de volailles !

Voilà un message transmis par Magali Richard et Julien Roux, nos producteurs d’oeufs (entre autres) :

Bonjour, veuillez faire passer ce message au sein de vos groupes pour que nous puissions continuer à élever nos volailles avec une éthique et tout en respectant les normes qui garantissent la santé de nos clients en vente directe et n’hésitez pas à le partager.

Ce message est retranscrit ici :

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L’AGRICULTURE LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE 2017
LETTRE OUVERTE A NOS ELUS
LETTRE OUVERTE A NOS CLIENTS

Nous sommes un collectif d’éleveurs de volailles des Bouches du Rhône. Nos élevages sont caractérisés par leurs petites tailles, par un circuit de commercialisation à 0 ou 1 intermédiaire et par une volonté d’ouverture de l’élevage au public.
Nos animaux sont en plein air voire en agriculture biologique. Nos exploitations sont pensées pour réduire les risques financiers et sont à la recherche d’autonomie et de diversification. C’est rarement notre seule activité. Certains pratiquent une vente sur l’exploitation. Certains ont leur domicile au cœur des fermes.

Comme tous les éleveurs de volailles, nous subissons le décret du 6 février 2016 qui rend obligatoire les mesures de biosécurité. Ces mesures ont été conçues par et pour des élevages industriels et ne prennent pas en compte le caractère « paysan » de nos exploitations.

Nous constatons que le virus grippe aviaire H5N8 touche essentiellement une filière où les élevages ont des pratiques industrielles, une filière où la segmentation est très importante et les transports d’animaux trop fréquents. La dissémination n’en est que plus rapide et plus difficilement maîtrisable.

Nous constatons que l’origine du virus H5N8 est étrangère et ne peut avoir été introduit par les oiseaux sauvages.

Nous rappelons qu’à ce jour aucun cas de transmission d’une grippe aviaire portée par la faune sauvage à un élevage paysan n’est avéré.

Nous constatons que la segmentation de la filière et par conséquence la spécialisation des exploitations, rend ces producteurs moins autonomes. Les épisodes de grippe aviaire successifs rendent le soutien financier indispensable. Celui de l’Etat mais aussi la solidarité des autres exploitations à travers le fond FMSE. A travers ce fond nous soutenons un modèle qui, contrairement au notre, repose sur la possibilité d’indemnisation et de subvention.

Nous constatons que dans les Bouches du Rhône, l’élevage de volailles reste essentiellement une pratique de diversification. La densité d’éleveurs est faible et le risque et l’impact de la grippe aviaire aussi. Nous constatons aussi que le nombre de vétérinaire compétents en volailles dans le département est faible et qu’aucun vétérinaire n’est encore formé sur les mesures de biosécurité.

Nous ne contestons pas les mesures de biosécurité dans leur ensemble. Nous estimons ces mesures inadaptées aux risques encourus dans le département et inadaptées à notre mode d’élevage. Mais une partie des mesures à un effet direct et intéressant sur la gestion du risque de salmonelle.

La taille de nos élevages limite naturellement l’impact d’une épizodie sur la production globale et limite aussi l’impact financier sur la filière. A l’inverse, le coût des nouvelles installations liées à la biosécurité est disproportionné par rapport à la taille de nos élevages. Pire, la pratique des mesures de biosécurité entraînera un surcoût de fonctionnement important. Nous demandons que cette particularité soit prise en compte dans l’application du texte.

Les restrictions d’accès à nos élevages, notamment pour nos clients, vont à l’encontre des pratiques d’ouverture et de transparence avec lesquels nous valorisons notre production auprès du public. Nous demandons un assouplissement de ces mesures vis à vis d’un public de consommateurs mais une application stricte auprès des professionnels de la filière amenés à pénétrer sur l’exploitation.

L’ensemble de la filière a été informée en janvier 2017 du caractère obligatoire de la biosécurité et n’a eu que 15 jours pour demander des dérogations. Nous demandons pour tous les producteurs un délai dans l’application des mesures de biosécurités indispensables.

Nos élevages sont en recherche permanente d’une amélioration du bien être animal. La non claustration fait partie de ce bien être. Nous demandons que hors des zones de foyers avérés, les volailles ne soient pas confinées. Nous demandons de ne pas mettre de filets de protection sur les parcours. Cette mesure est inutile si les points d’eau et d’alimentation sont protégés. Elle est même irréalisable pour les producteurs avec des bâtiments mobiles.

Nous demandons que soit levée l’ambiguïté sur la visite annuelle d’un vétérinaire dans un département ou les vétérinaires compétents sur la volaille sont plus que rares.

Nous demandons que dans une même unité de production nous puissions maintenir des bandes multiples d’âges différents. Nous demandons a appliquer un vide sanitaire par bande et non par unité de production entière. Il est impossible pour un élevage non industriel de se retrouver sans production pendant une période. La solution de multiplier les unités de production impacterait directement la rentabilité des élevages.

Pour éviter la circulation des véhicules d’équarrissage et diminuer ainsi les transports à risque, nous demandons qu’en dehors de la mortalité anormale, nous puissions enterrer les quelques cadavres inhérent à tout élevage, dans le respect de la législation en vigueur.

Nous demandons à l’Etat de jouer son rôle de contrôle des flux de volailles. Les contrôles des passeports sanitaires des volailles importées doivent être systématiques. La filière franco-française doit être développée. Comment imposer aux éleveurs français des mesures strictes si le virus de la grippe aviaire entre en France en camion par l’intermédiaire d’animaux élevés à l’étranger dans des élevages qui ne respectent pas les mesures de biosécurité ?

Enfin, nous demandons que des pédiluves pour camions soient installés à l’entrée des départements et non pas dans les exploitations. Tous les véhicules de la filière volaille pourraient ainsi être désinfectés à chaque passage de département. Le coût des installations serait réparti sur un département et non pas à l’échelle de chaque éleveur.

Nous continuerons à travailler avec les services vétérinaires départementaux pour améliorer les pratiques de la filières volailles paysannes mais ils nous semblent évident que ces mesures ont plus un objectif d’élimination des petits élevages que d’éradication du virus de la grippe aviaire.

Le collectif « volailles paysannes du 13 »