Point saison Octobre 2014 (par Thierry et Virginie Gozzerino)

L’automne est dans nos paniers, qui lui donne des couleurs différentes, mais des légumes tout aussi intéressants.
Les préparations changent aussi chez vous, et c’est notre objectif de rendre au mieux votre panier semaine le plus « joyeux » possible.
Pour certains adhérents la joie est dans la diversité, la découverte, un nouveau chou, une courge bizarre, ……… et 7 ou 8 autres produits dans le panier,
D’autres ont une préférence pour des paniers moins variés, mais en plus grandes quantités, 3 ou 4 légumes, pas plus.
Au milieu de toutes ces idées, le maraîcher, notre engagement : un modèle de production orienté vers l’agro-écologie, ce modèle implique la biodiversité.
Sachez également que nos contrôleurs (écocert pour nous), nous imposent de pratiquer ce que l’on appelle la stratification dans le temps, en clair : des rotations.
Cette technique vise à ne pas épuiser le sol avec les mêmes légumes ou familles de légumes ou fruits, d’années en années, aux mêmes endroits.
C’est aussi notre devoir de producteurs de famille de ne pas briser ce que j’appelle le « fil de la graine », en produisant varié, nous amenons nos consommateurs à une alimentation variée, et gardons ce lien avec nos vendeurs de semences, qui produisent des graines de fruits ou légumes à ne pas oublier.
C’est un risque aussi de ne produire que 3 ou 4 fruits ou légumes en même temps, car si l’on en rate une ou 2 pour x raison, le déséquilibre au panier peut être très néfaste.
Mon planning de cultures vise 80% de fruits ou légumes connus, et 20% de découverte ce qui fait un panel je crois plutôt équilibré.
Au total plus de 40 productions différentes, sur et dans nos terres.
L’heure dans nos serres est au grand nettoyage, exit tomates, poivrons, aubergines, courgettes … qui laissent la place à de la mâche, betteraves, persils, fenouil,…
20% de notre surface serre est semée en sorgo, c’est ce que l’on appelle un « engrais vert » il structure le sol par ses racines, absorbe l’azote et transforme ce dernier en humus disponible dans le sol, problème, il monopolise les serres pendant presque 3 mois.
Cette technique n’est pas productive à court terme, mais à mon sens indispensable, je suis maraîcher bio depuis 7 ans, mais avant cela je produisais en mode chimique moins respectueux du sol, et le risque d’épuiser le sol est aussi présent en bio, malgré nos composts, nos rotations, passer d’une culture à l’autre sans respecter de temps de repos mène vers la pauvreté.
Ce repos peut être source de baisse de poids dans les paniers mais vous le savez, les paniers plus petits nous font aimer les paniers plus copieux.
A ce propos, une étude de prix des Paniers Marseillais a été rendue publique fin septembre (NDLR : à voir ici), la presse papier, net, télé, radio nous a aidé à diffuser le message auquel nous croyons depuis bientôt 8 ans ;
Les intermédiaires, avec en tête la grande distribution tire les prix vers le haut, considère le bio comme un produit de luxe. Un bio plastifié, peu traçable.
Une journée de formation PAMA est prévue fin octobre, ces réunions que les maraîchers sont fortement incités à suivre sont faites à tour de rôle chez l’un ou l’une ou l’autre d’entre nous. Ces journées techniques sont toujours sources d’idées et de progrès, à la fois techniques et humains.
Enfin, j’espère que mes points mensuels sont lu par une bonne partie de nos adhérents, n’hésitez pas à me signaler les sujets que vous voulez voir abordés, ceux, peut être, inutiles.
Ces points sont pour nous une fenêtre ouverte côté jardin, l’occasion de communiquer au plus grand nombre une partie de notre quotidien.

Thierry GOZZERINO