Catherine rend visite à Brigitte et Pierre, nos éleveurs de poisson, coquillages

« Le 30 Avril dernier, je suis allée rendre visite à Brigitte et Pierre Balmitgère, sur leur exploitation. Me voila donc découvrant enfin la corniche de Tamaris mais surtout les installations de Pierre et le loup ; mas conchylicole où sont purifiés dans l’eau douce pendant 24 heures les coquillages, salle d’éviscération du poisson et petit point de vente ouvert en fin de matinée uniquement. 

Commencée tôt, la journée se termine vers 16h pour Jean, le fils parfois secondé par 1 ou 2 stagiaires. Tout était donc déjà nettoyé, rangé et plié « au carré », comme dans l’attente de l’inspection d’un adjudant pointilleux ! Mais Pierre était déjà parti pour livrer les commandes aux amapiens indulgents sur les heures de distribution de ces produits de la mer.
À l’occasion de cette visite, j’ai pu constater la longue route que Brigitte doit faire les vendredis de livraison et à l’heure des bouchons du départ en week-end ! Et je comprends mieux pourquoi son déplacement doit être rentabilisé par une livraison de 50kg minimum. Or, nos contrats mensuels ne représentent jamais qu’une moyenne de 34 kg à chaque fois…. nous sommes loin du compte!…. Merci toutefois à ceux qui passent des commandes complémentaires.

Nous avons donc pensé proposer à nos voisins Amapiens de Lambesc de se joindre à nous pour leurs commandes de poissons, moules et huîtres de Tamaris ! Un panier « découverte » va leur être apporté lors de la prochaine livraison, le 19 Juin en espérant que cela pourra amener quelques adhérents supplémentaires !

Au loin, en pleine mer, dans cette baie sur pilotis, une cabane jaune éclairée par le coucher de soleil : la ferme aquacole. C’est un ensemble de filets disposés dans la mer, en carrés, ouverts à la surface, ils sont fixés avec un système d’ancre et de poids pour pouvoir résister aux tempêtes et intempéries. La rade peut-être soumise à des vents violents ; le mistral ou vent d’est y soufflent régulièrement et la courantologie reste suffisante pour qu’ils vivent en toute sécurité, sans le stress d’une surpopulation réservée à l’élevage industriel. Il faut environ 28 mois soit trois étés pour qu’ils atteignent un poids de 250 à 300 grammes. Là chaque jour, une personne vient en bateau pour les nourrir avec de la nourriture en granulés flottants, afin de sauvegarder la biodiversité environnante, qui a les mêmes propriétés que celles qu’ils trouveraient au large, si ce n’est plus : de la farine de poissons uniquement consacrés à cet effet car non commercialisables (petits anchois, et harengs), céréale biologique et huile de poissons mélangés, soit 30% des ingrédients issus de l’agriculture biologique ; une nourriture parfaitement équilibrée qui les renforce pour les mettre à l’abri de tout souci sanitaire. Certains plongent dessous pour vérifier que tout va bien, même l’hiver, qu’il n’y ait pas de trous dans les filets tandis que d’autres avec une grosse épuisette, en surface prélèvent un certain poids de poissons, mais uniquement ce qui a été commandé par les clients. Puis, ils les mettent immédiatement dans de la glace. Les poissons ne souffrent pas, ils s’endorment dans l’eau glacée. Une fois de retour au mas, ces mêmes personnes les pèsent, les éviscèrent et les mettent sous vide pour satisfaire vos commandes. Quand Pierre est seul, c’est lui qui fait tout.

Nous sommes nombreux à vouloir assister à ce travail quotidien mais les visites sur les fermes sont soumises à autorisations administratives maritimes draconiennes ; pour eux, il faut avoir le bon œil et le bon pied marin. Brigitte travaille donc avec les instances compétentes pour obtenir des dérogations ou autres mais, ils sont frileux, et le dossier est encore au stade de l’instruction et de la concertation publique. Elle nous préviendra dès qu’un arrêté préfectoral permettra celles-ci. Nous ne pouvons pas prévoir ce moment instructif pour cette année mais nous pourrons envisager, sur réservation, un moment convivial en période estivale grâce à des repas proposés en terrasse extérieure face à la rade de Toulon. 
Mais attention, se pose le problème des enfants et de leur surveillance étant donné la proximité immédiate de l’eau…. Donc rien n’est simple! 

Mais revenons à nos commandes ! 
Nous sommes nombreuses à vouloir passer régulièrement commande pour des rillettes de poissons et des filets de Maigres fumés. Force est de constater que ces précieuses verrines et sachets sous vide, ne nous sont délivrées qu’à dose homéopathiques !!! Brigitte ne peut malheureusement pas faire mieux! Ces produits sont transformés à l’extérieur de son entreprise (Les Fumoirs de Provence pour le maigre fumé), et sont réalisés avec des poissons recalés au redoutable concours de beauté (par une coopérative agréée pour les rillettes de poissons). 
Il faut donc attendre d’avoir un certain nombre de kg de ces matières 1ères « recalées » et à faire transformer, puis prendre rendez-vous avec l’entreprise de transformation (qui apparemment ne connait pas la crise). Tout cela prend un certain temps, jamais le même, et explique que Brigitte n’est pas en mesure de nous fournir ces produits de façon régulière! Tamaris-Sud-Fish est une entreprise artisanale, ne l’oublions pas!….

Donc, faute de meilleure idée, vous pouvez toujours passer vos commandes systématiquement, et Brigitte les satisfera dans la mesure du possible, en tenant compte de l’ordre d’arrivée de vos commandes…..
Concernant les dates de renouvellement des contrats qui se font 2 fois par an, et en décalé par rapport à tous les autres contrats, Brigitte et Pierre ont plusieurs raisons qui justifient ce mode d’organisation: Ils pensent que ce système facilite, autant que faire se peut, la gestion budgétaire de leurs adhérents en leur offrant la possibilité de ne s’engager que pour 6 mois. Cela leur permet également  de signer contrats et chèques à un moment plus calme que celui de la rentrée. Mais  cette organisation leur est aussi dictée  par leur calendrier de comptabilité….
Ns en avions parlé l’an dernier, puisque déjà certains Amapiens exprimaient leur souhait de fonctionner autrement. Brigitte est donc prête à suivre le même calendrier annuel que les autres producteurs. Nous allons voir comment procéder pour « récupérer » ce même calendrier en cours de route. 

Brigitte et Pierre ont une exigence professionnelle sans faille afin de garantir la meilleure qualité de produits et de service à leurs adhérents …. Et c’est avec passion qu’ils le font!
Qu’ils en soient remerciés….. 
Mangeons du poisson!!!!
Bel été à tous, paysan-producteurs et adhérents!
Catherine Terrier